Une commande musicale autour de l’accordéon qui réunit les trois amies, collègues de longue date au CRR de La Réunion.
C’est la première fois qu’elles jouent ensemble et pourtant, cette expérience éphémère est une révélation: leurs sensibilités, leurs timbres, leurs imaginaires s’accordent tout naturellement.
Ce qui est ressenti dans le cercle intime du trio semble également trouver écho chez le public, ce qui les conforte dans l’envie de prolonger l’aventure : Le Trio Rhapsodiya est né.
Le trio se constitue alors qu’il n’existe pas même de répertoire dédié.
Qu’à cela ne tienne, elles reprendront la musique de leur choix.
Les trois musiciennes se libèrent des traditions du répertoire classique tout en en conservant les codes et l’exigence. Elles bousculent, ré-interrogent, malaxent, adaptent, interprètent, du simple duo à la pièce symphonique, de l’œuvre romantique au tango, de l’Europe de l’Est à l’Amérique du Sud… et colorent, de leurs timbres personnels une musique vivante, réinventée.
C’est une rhapsodie de formes, d’humeurs, de caractères qui nous invite à entrer, par une porte dérobée, dans le grand répertoire,
où la seule défnition que l’on en retiendra est un art de combiner les émotions !
Le nom du trio « Rhapsodiya » apparaît alors comme une évidence :
la rhapsodie en musique étant une pièce instrumentale de composition très libre, proche de l’improvisation, d’essence romantique ou pittoresque et de caractère contrasté.
Un trio classique qui touche du doigt le champ actuel. Trois musiciennes qui interrogent les répertoires classiques et contemporains.
Pourquoi le choix du violon ?
Sans doute car cet instrument est capable de produire une infnité de variations de couleurs, d’émotions, à l’image des états d’âme de l’être humain, tour à tour rêveur, élégant, enjôleur, passionné, enragé, généreux, mélancolique...
Pour Eva TASMADJIAN, la musique, à travers cet instrument
est très vite devenu le moyen d’expression premier, transcendant ce que la parole ne saurait parfois traduire.
Aussi, si la maîtrise de cet instrument a demandé de longues années d’études, vécues comme un parcours initiatique en France et à l’étranger auprès d’illustres professeurs, elle n’a jamais perdu de vue l’intention première d’employer le violon comme vecteur d’émotions, d’échanges, de partage et de connaissance de soi.
Eva Tasmadjian a posé ses valises à La Réunion en 2008 où elle continue de mener de front une activité artistique à travers les différentes facettes du métier : musique de chambre (KW kwatyor et trio Rhapsodiya), violon solo de l’orchestre de la Région et soliste. Elle poursuit également sa carrière de pédagogue au sein du CRR .
Ariane a toujours hésité entre ses deux instruments. Le piano lui a ouvert les portes du Conservatoire de Région de Strasbourg,
longtemps fermées à son accordéon de concert.
Loin des bals musette, elle explore les possibilités insoupçonnées de cet
instrument avec des maîtres internationaux, élargissant son répertoire selon ses goûts musicaux.
Sa mission : faire découvrir la palette sonore de l'accordéon, jadis démodé mais redoutable une fois maîtrisé. Passionnée de
pédagogie, elle a créé une classe au CRR de La Réunion en 2007, ayant à cœur de transmettre son amour de la musique.
Récemment, le bandonéon occupe une place importante dans sa pratique, notamment avec la musique d’Astor Piazzolla.
Pour Maïté, le piano est l’instrument qui représente le mieux l’état contradictoire du monde et de son humanité : lourd, volumineux et pourtant créateur de poésie et d’émotions fines, d’intime.
De ses diverses rencontres musicales, elle se forge une vision de la Musique comme celle d’une matière vivante, infinie.
Pédagogue au CRR de La Réunion, elle a la volonté de transmettre cet art comme une petite part d’éducation à la vie et induit dans son enseignement la rencontre d’un indispensable trio : piano-transmission-création.
Elle a créé et s’est engagée dans des spectacles poly-artistiques mêlant théâtre, danse, chant lyrique, arts plastiques, arts visuels...
Ce mélange des genres lui semble une belle opportunité d’inviter mélomanes et néophytes à découvrir le grand répertoire, de se confronter aux rigueurs de la créativité tout en s’extrayant de la solitude du travail pianistique.